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Discussion des résultats d’un mémoire de master : méthode et exemple

17 octobre 2026· Équipe MonMémoireAI

Comment interpréter vos résultats sans les répéter ? Une méthode, un plan adaptable et un exemple commenté pour rédiger la discussion de votre mémoire de master.

Vous avez rédigé la partie « Résultats » de votre mémoire de master : vous y avez exposé les principaux constats issus de vos entretiens, de votre questionnaire ou de vos analyses. Vous devez maintenant les interpréter dans la discussion. Comment expliquer ce qu’ils signifient sans répéter ce que vous venez d’écrire ?

La discussion consiste à expliquer ce que vos résultats permettent de comprendre et comment ils contribuent à répondre à votre problématique. Vous rapprochez vos observations des travaux scientifiques, examinez les explications possibles et précisez la portée de votre réponse.

Pour éviter de répéter la partie précédente, partez de quelques résultats importants et développez leur signification. Voici une méthode, un plan adaptable et un exemple rédigé pour construire cette argumentation.

Quelle différence entre résultats, discussion et conclusion ?

Ces trois fonctions se complètent, même lorsque votre discipline les organise dans des parties différentes.

Les résultats présentent les constats issus de l’analyse. Par exemple : dans les entretiens étudiés, plusieurs anciens abonnés décrivent des difficultés à trouver des créneaux compatibles avec leurs obligations.

La discussion examine le sens de ces constats. Ces difficultés renvoient-elles à un manque d’intérêt pour l’offre, à des contraintes de disponibilité ou à leur combinaison ? Comment les données permettent-elles de distinguer ces explications ? Que retrouve-t-on dans les recherches précédentes ?

La conclusion rassemble la réponse et les apports essentiels du mémoire. Elle synthétise une argumentation déjà développée dans la discussion.

Dans certaines disciplines, résultats et discussion sont réunis : un constat est présenté puis immédiatement interprété. Dans d’autres, deux parties distinctes sont attendues. Suivez les consignes de votre master en conservant cette distinction entre ce que les données font apparaître et l’explication que vous en proposez.

Le guide de rédaction de l’Université libre de Bruxelles situe notamment dans la discussion le retour à la question initiale et la comparaison avec les recherches antérieures. L’organisation de votre propre mémoire doit rester adaptée à votre démarche.

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1. Sélectionner les résultats qui répondent à la problématique

Avant de rédiger, écrivez votre problématique en haut d’une page. Listez ensuite les résultats qui apportent un élément de réponse.

Pour chacun, notez :

  • le constat précis ;
  • les données ou analyses qui l’étayent ;
  • ce qu’il permet de comprendre ;
  • les travaux auxquels le comparer ;
  • les différences ou les limites à examiner.

Vous éviterez ainsi d’organiser la discussion selon l’ordre des questions du questionnaire ou la succession des entretiens.

Un résultat secondaire dans votre plan initial peut devenir important s’il remet en cause une explication envisagée. À l’inverse, un chiffre facile à commenter ne mérite pas forcément une sous-partie s’il n’apporte rien à la question de recherche.

Le bon critère de sélection : que perdrait votre réponse à la problématique si vous supprimiez ce développement ?

2. Construire chaque développement autour d’une interprétation

Pour discuter un résultat, vous pouvez suivre quatre étapes :

  1. Rappeler brièvement le constat. Une ou deux phrases peuvent suffire si les détails figurent déjà dans la partie résultats.
  2. Expliquer ce qu’il suggère. Quelle distinction ou quel mécanisme aide-t-il à comprendre ?
  3. Le comparer à la littérature. Quelle proposition rejoint-il, nuance-t-il ou conduit-il à réexaminer ?
  4. Délimiter l’interprétation. Quelles autres explications restent possibles et que permettent réellement vos données ?

Ces étapes servent à préparer le raisonnement. Elles n’imposent pas quatre paragraphes identiques pour tous les résultats : certains demanderont une comparaison approfondie, d’autres une explication plus courte.

Évitez les développements qui commencent par « cela montre que » sans préciser le lien entre le constat et la conclusion avancée. Le lecteur doit pouvoir suivre votre raisonnement.

3. Comparer vos résultats à des travaux précis

Écrire « nos résultats confirment la littérature » ne suffit pas. Quelle publication ? Quelle proposition ? Sur quelle population et avec quelle méthode ?

Préparez la comparaison en distinguant :

  • l’objet étudié : le même phénomène est-il examiné ?
  • la population : les personnes concernées sont-elles comparables ?
  • le contexte : secteur, organisation, période et conditions d’observation ;
  • la mesure ou le matériau : comportements observés, intentions déclarées, entretiens ou indicateurs ;
  • la portée de la conclusion : que soutient exactement la publication ?

Deux études peuvent sembler divergentes parce que l’une examine une intention et l’autre un comportement effectif. Cette différence doit être discutée avant de conclure à une contradiction.

Vous pouvez également montrer qu’un résultat précise les conditions d’application d’une explication. Votre apport peut être limité à un contexte particulier tout en restant intéressant.

Citez les sources au moment de la comparaison. Une référence ajoutée à la fin d’un paragraphe très général ne permet pas toujours de savoir quelle idée elle soutient.

4. Examiner plusieurs explications possibles

Une réponse recueillie en entretien n’explique pas toujours à elle seule le phénomène étudié.

Si un participant dit avoir résilié un abonnement « parce que c’était trop cher », plusieurs interprétations sont possibles : son budget a changé, une offre concurrente paraît plus avantageuse ou il utilise trop peu le service pour en justifier le coût.

Revenez aux informations recueillies :

  • comment décrit-il ses usages avant la résiliation ?
  • évoque-t-il une modification de sa situation ?
  • à quelles offres compare-t-il le prix ?
  • quels passages nuancent ou contredisent votre première lecture ?

Vous pourrez argumenter une interprétation lorsque les données la soutiennent. Si plusieurs possibilités restent ouvertes, expliquez ce qui manque pour les départager.

Une discussion approfondie n’exige pas de trouver une cause unique à chaque résultat. Elle rend visibles les explications soutenues, les incertitudes et les questions qui demeurent.

Exemple rédigé de discussion dans un mémoire de master

Prenons un scénario pédagogique fictif : un mémoire cherche à comprendre comment d’anciens abonnés à une offre culturelle expliquent leur décision de résiliation.

L’analyse fait apparaître deux constats : des participants continuent à apprécier l’offre, mais décrivent des difficultés à l’utiliser ; certains présentent ensuite le prix comme trop élevé au regard de leurs sorties effectives.

Une formulation qui répète les résultats

Plusieurs participants expliquent qu’ils n’avaient pas assez de temps pour utiliser leur abonnement. Certains évoquent également le prix. Les horaires et le coût sont donc importants dans leur décision de résilier.

Le passage reprend les thèmes identifiés. Il n’explique pas encore comment ils s’articulent ni ce qu’ils apportent à la question de recherche.

Une formulation qui développe une interprétation

L’intérêt exprimé pour l’offre ne se traduit pas toujours par une utilisation régulière. Dans les récits étudiés, les difficultés à trouver des créneaux compatibles avec les autres obligations conduisent à examiner les conditions d’usage de l’abonnement. Le prix peut alors être compris au regard des occasions effectivement saisies : un coût auparavant accepté devient moins justifiable lorsque les sorties se raréfient. Cette interprétation invite à rapprocher les contraintes de disponibilité et la valeur attribuée à l’abonnement. Elle devra être confrontée aux travaux mobilisés dans le mémoire sur la valeur perçue et les usages des services. Les entretiens menés uniquement auprès d’anciens abonnés ne permettent toutefois pas d’établir si les personnes restées abonnées rencontrent les mêmes contraintes et y répondent autrement.

Ce passage illustre une interprétation à étayer dans un véritable mémoire. Il ne représente pas une enquête réelle et la mention de la littérature doit être remplacée par une comparaison explicite avec des publications effectivement consultées.

Pourquoi ce second passage constitue-t-il une discussion ?

Il distingue l’intérêt pour l’offre et la possibilité de l’utiliser. Il propose ensuite une articulation entre l’usage et l’appréciation du prix. Enfin, il précise une limite : les personnes restées abonnées n’ont pas été rencontrées.

Pour compléter le développement, l’étudiant devra présenter la proposition scientifique à laquelle il compare son interprétation, avec sa référence. Ajouter seulement un nom d’auteur ne suffira pas : il faudra expliquer le point de convergence ou de différence.

Un modèle de paragraphe à personnaliser

Vous pouvez préparer un développement avec la structure suivante :

L’analyse met en évidence [résultat précis], à partir de [données ou analyses déjà présentées]. Ce constat suggère [interprétation], car [éléments du raisonnement]. Il rejoint ou nuance [proposition précise d’une publication, avec sa référence], dans la mesure où [comparaison argumentée]. Cette lecture doit néanmoins tenir compte de [limite ou explication concurrente]. Elle contribue ainsi à répondre à la problématique en montrant [apport délimité].

Remplissez chaque emplacement avec les éléments de votre recherche. Si vous ne parvenez pas à compléter « car » ou « dans la mesure où », le lien entre le constat et l’interprétation reste probablement à travailler.

Les expressions ne remplacent pas l’analyse. Variez ensuite la rédaction selon votre argumentation pour éviter une succession de paragraphes construits à l’identique.

Quel plan choisir pour la discussion ?

Une organisation possible comprend une brève entrée en matière, des axes d’interprétation et une synthèse de leur portée.

Pour notre exemple fictif, vous pourriez envisager :

1. Un intérêt pour l’offre qui ne garantit pas son utilisation

Cette sous-partie discuterait l’écart entre l’appréciation de l’offre et les possibilités de participation, à partir des données et des travaux pertinents.

2. Une appréciation du prix liée aux usages de l’abonnement

Elle examinerait comment le coût est évalué au regard de l’utilisation, sans présumer que cette explication vaut pour tous les participants.

3. La portée des résultats et les questions encore ouvertes

Elle préciserait ce que l’étude des anciens abonnés permet de comprendre, les comparaisons impossibles et les prolongements utiles.

Ce plan est une proposition adaptée au scénario. Votre discussion peut suivre d’autres axes, notamment vos questions de recherche ou vos hypothèses, si cette progression sert la démonstration. Dans chaque sous-partie, rapprochez les résultats et les travaux utiles au lieu de réserver la littérature à un développement déconnecté.

Que faire si une hypothèse n’est pas soutenue ?

Présentez le résultat obtenu, même s’il ne correspond pas à votre attente initiale. Examinez ensuite ce qu’il implique pour votre raisonnement.

Une hypothèse peut ne pas être soutenue dans les conditions étudiées. Cela ne suffit pas à prouver qu’une relation est absente dans tous les contextes, ni à invalider l’ensemble d’une théorie.

Demandez-vous :

  • l’indicateur retenu correspond-il au concept étudié ?
  • les conditions d’observation sont-elles comparables à celles des travaux mobilisés ?
  • les données permettent-elles une conclusion nette ou laissent-elles une incertitude ?
  • quels éléments soutiennent une autre lecture ?

Si une nouvelle explication apparaît après l’analyse, présentez-la comme une piste issue des résultats. Ne la transformez pas rétrospectivement en hypothèse annoncée avant la collecte.

Comment intégrer les limites sans dévaloriser le mémoire ?

Une limite précise ce que votre démarche permet de conclure et ce qu’elle ne permet pas d’examiner.

« Le manque de temps constitue une limite » reste trop général. Expliquez son effet : vous avez observé une seule période, rencontré certains profils ou renoncé à un suivi dans la durée.

Dans notre exemple, la limite peut être formulée ainsi :

Le recrutement d’anciens abonnés permet d’étudier les expériences de résiliation décrites par ces personnes. Il ne permet pas de comparer directement leurs parcours à ceux des abonnés qui ont maintenu leur inscription. Une étude auprès de ces derniers aiderait à examiner les stratégies utilisées pour conserver l’abonnement malgré des contraintes similaires.

Reliez d’abord la limite au résultat concerné. Vous pourrez ensuite en proposer une synthèse si votre plan prévoit une sous-partie dédiée.

Le guide du Cnam consacré aux mémoires de master en sciences de gestion invite notamment à examiner la portée, la fiabilité et les conditions de transposition des résultats. Ces questions aident à préciser votre contribution, au-delà d’une simple liste de difficultés.

Peut-on formuler des recommandations dans la discussion ?

Oui, si l’objectif du mémoire et le plan retenu le justifient. Une recommandation doit découler d’un résultat discuté et tenir compte des conditions de mise en œuvre.

Dans notre scénario, proposer de modifier les horaires demanderait de montrer quelles incompatibilités ont été identifiées et pour quels publics. Il faudrait également examiner les contraintes de l’organisation.

Vous pourriez recommander d’expérimenter une modalité et d’en évaluer les effets, plutôt qu’affirmer qu’elle résoudra le problème.

La discussion établit le raisonnement qui soutient la proposition. Une partie de préconisations peut ensuite détailler les actions, les moyens et les indicateurs, selon les attentes de votre master.

Rédiger la discussion et préparer sa présentation à l’oral

Si votre plan prévoit des axes de discussion précis, le parcours TrustMémoireAI permet de conserver cette organisation dans le mémoire rédigé. Vos données et résultats doivent correspondre à la recherche effectivement menée.

À la soutenance, vous pourrez notamment être interrogé sur une autre interprétation possible ou sur la portée d’un résultat. MaSoutenanceAI génère les questions potentielles du jury avec les réponses à apporter, ainsi que les slides, le discours et le prompteur d’entraînement.

Relire votre discussion avant de la transmettre

Pour chaque développement, vérifiez que vous pouvez identifier :

  • un résultat déjà présenté et correctement étayé ;
  • une interprétation accompagnée de son raisonnement ;
  • une comparaison précise avec les travaux pertinents ;
  • les différences de contexte ou les explications concurrentes utiles ;
  • une contribution identifiable à la problématique.

Relisez ensuite la discussion dans son ensemble. Peut-on suivre la construction de votre réponse ? La conclusion pourra-t-elle en reprendre les apports sans ajouter une interprétation nouvelle ?

Combien de pages doit faire la discussion ?

Il n’existe pas de longueur unique valable pour tous les mémoires de master. Elle dépend du format demandé, de la discipline et du nombre de résultats à discuter. Consultez les consignes et demandez un retour sur le plan de discussion plutôt que chercher à atteindre un pourcentage arbitraire.

Peut-on ajouter de nouvelles références ?

Une référence supplémentaire peut être utile pour examiner une interprétation apparue pendant l’analyse. Expliquez son rôle et vérifiez si elle demande aussi de compléter le cadre théorique. Un concept décisif ne doit pas apparaître tardivement sans être défini et relié au raisonnement.

Peut-on donner son avis personnel ?

La discussion engage votre analyse, mais une préférence personnelle ne constitue pas un argument. Appuyez vos propositions sur les données, les comparaisons et les travaux mobilisés. Vous pouvez défendre une interprétation en expliquant pourquoi elle est soutenue et quelles sont ses limites.

Faut-il reprendre tous les chiffres et tous les extraits ?

Rappelez les éléments nécessaires à l’interprétation et renvoyez aux résultats pour le détail. La discussion doit rester compréhensible sans reproduire les tableaux ni commenter chaque réponse séparément.

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